La France des Belhoumi
Dernières lectures , Essais , Sociologie / novembre 11, 2019

Stéphane Beaud, La France des Belhoumi : portraits de famille (1977-2017), Paris : la Découverte, 2018, 352 p. Comme j’ai oublié de prendre des notes sur l’ouvrage, je laisserai le résumé de quatrième de couverture qui synthétise mieux que je ne le ferai le contenu de l’ouvrage et la nature du projet de Stéphane Beaud. Le livre est passionnant. L’enquête de Stéphane Beaud retrace le destin de huit enfants (cinq filles, trois garçons) d’une famille algérienne installée en France depuis 1977, dans un quartier HLM d’une petite ville de province. Le récit de leurs parcours – scolaires, professionnels, matrimoniaux, résidentiels, etc. – met au jour une trajectoire d’ascension sociale (accès aux classes moyennes). En suivant le fil de ces histoires de vie, le lecteur découvre le rôle majeur de la transmission des savoirs par l’école en milieu populaire et l’importance du diplôme. Mais aussi le poids du genre, car ce sont les deux soeurs aînées qui redistribuent les ressources accumulées au profit des cadets : informations sur l’école, ficelles qui mènent à l’emploi, accès à la culture, soutien moral, capital professionnel. Cette biographie à plusieurs voix (…) montre différents processus d’intégration en train de se faire. Elle pointe aussi les…

Tendre est la nuit
Littérature / novembre 11, 2019

Francis Scott Fitzgerald, Tendre est la nuit, Paris : Belfond, 1985 (édition originale : 1934) Ils se déplaçaient avec précision et circonspection, comme le fait une main qui ramasse des éclats de verre. Personne ne semblait avoir réussi, ni de lui-même, ni en groupe, à maîtriser complètement cet environnement, alors que le propriétaire d’une œuvre d’art, aussi hermétique soit-elle, réussit toujours à la maîtriser. Personne ne semblait savoir très exactement ce que représentait cette pièce, car elle marquait un passage, une évolution vers quelque chose d’autre, qui serait tout sauf une pièce. C’était donc aussi délicat de s’y déplacer que de monter un escalier roulant trop bien encaustiqué. p. 97 Lorsqu’on s’habitue à l’indifférence, ou qu’on la laisse s’atrophier, on finit par se sentir vide. Dick s’était habitué à se sentir vide de Nicole, et il la soignait contre sa volonté, en refusant toute contrainte émotionnelle. On dit des cicatrices qu’elles se referment, en les comparant plus ou moins aux comportements de la peau. Il ne se passe rien de tel dans la vie affective d’un être humain. Les blessures sont toujours ouvertes. Elles peuvent diminuer, jusqu’à n’être plus qu’une pointe d’épingle. Elles demeurent toujours des blessures. Il faudrait plutôt…