Glam rock : la subversion des genres

septembre 28, 2016

Glam rock : la subversion des genres. Philip AUSLANDER, La Découverte, 2015, 333 p. (La Rue Musicale)

Philip Auslander - Glam rock, la subversion des genresL’auteur analyse le glam-rock comme antithèse du rock psychédélique ou de la vision hippie de la contre-culture :

  • au glam, la théâtralité et l’artifice revendiqué, à la contre-culture 60’s le culte de l’authenticité. Pas d’excentricité dans les prestations scéniques, la musique doit refléter le moi profond et authentique de son auteur. Les artistes glam au contraire se plaisent à user des costumes, des masques, du maquillage, revendiquent de jouer un rôle et de multiplier les identités (le parangon étant évidemment David Bowie)
  • côté contre-culture, derrière la libération sexuelle, primauté de la norme hétérosexuelle et conception plutôt conservatrice du rôle de la femme (on insiste sur la place naturelle des femmes, proche des enfants, etc.). Le glam lui fut un vrai moyen d’expression des sexualités hybrides et de la confusion des genres, revendiquant chez tous les principaux porte-flambeaux du mouvement la libre construction de son identité sexuelle (en opposition donc au primat de la Nature chez les hippies par exemple)
  • niveau musical, le glam-rock se référait très nettement au rock des pionniers 50’s, qui n’hésitaient pas à faire le show ou à jouer également sur l’ambiguïté sexuelle et le travestissement (cf. Little Richard).

Souligne l’importance du glam-rock pour montrer par son esthétique propre le côté construit des identités sexuelles et donc subvertir les genres socialement établis (l’ouvrage se réfère fréquemment aux théories de Judith Butler sur la construction du genre).

Analyse plus spécifiquement l’esthétique d’artistes marquants du genre glam :

  • Marc Bolan et T.Rex : d’abord leader d’un groupe folk britannique, Tyrannosaurus Rex, Bolan évoluera vers un glam flamboyant et sera une véritable idole en Angleterre, sur la foi de quelques tubes devenus des classiques
  • David Bowie : le plus complexe de tous, qui semble avoir revêtu le glam comme une identité de plus dans son parcours et qui tuera ensuite symboliquement Ziggy Stardust pour passer à autre chose
  • Roxy Music (Bryan Ferry et Brian Eno)
  • Roy Wood
  • Suzy Quatro : chapitre intéressant sur la place (minoritaire) des femmes sur la scène rock, espace traditionnel dominé par les hommes et qui assigne certains rôles ou certains comportements aux femmes (groupies, chanteuse, voire chanteuse folk qui manierait la guitare acoustique)

A lire, un compte-rendu assez critique de l’ouvrage, lui reprochant d’en rester trop à une description systématique de l’esthétique du genre qu’à une véritable analyse sociologique de l’impact de ce style musical, notamment sur son public : https://lectures.revues.org/17454

 

Pas de commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *